Une vie ... parmi tant d'autres ! Etty Hillesum

            
Etty Hillesum

Lorsqu’à l’automne 2000, la revue trimestrielle Nouvelles Clés a interrogé une trentaine de chercheurs, de philosophes et d’écrivains -, pour savoir qu’elle femme du 20ème siècle ils auraient envie de saluer, c’est le nom d’Etty Hillesum qui est revenu le plus souvent (pour les hommes, ce fut celui de Gandhi). Cette jeune femme, juive hollandaise d’origine russe, a tenu de 1941, année de ses 27 ans, à 1943, année de sa mort à Auschwitz, un journal de bord que l’on a découvert bien des années après et publié sous le titre Une vie bouleversée.

Ce journal nous révèle une personnalité absolument remarquable : malgré les horreurs de la guerre, elle poursuit une quête intérieure de chaque instant. Prise entre une immense soif de spiritualité et une sensualité érotique débordante - magnifique, mais qui lui donne le vertige et l’empêche parfois d’y voir clair -, Etty Hillesum est un être d’amour et de joie, qui ira jusqu’à pardonner à ses bourreaux, écrivant : “On voudrait être un baume versé sur tant de plaies.”

Intellectuelle, nourrie de Rilke, de Dostoïevski, de Shakespeare, elle a un style simple et beau, qu’elle met au service d’une auto-analyse sans complaisance, terriblement émouvante. On pense à Simone Weil, en plus charnelle, à Thérèse d’Avila, en plus innocente. Un modèle d’humanité, sublimant le quotidien le plus banal. Un chef d’œuvre.

Patrice van Eersel

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