Albeiro, petit ange gardien des "grands-pères" ...
L'HISTOIRE D'ALBEIRO
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Albeiro Vargas vit à Bucaramanga, cinquième ville de Colombie, située à 350 kms au nord de Bogota. Ville moderne qui, avec sa banlieue, compte plus d’un million d’habitants. Ville de commerce et d’industrie, où il fait pourtant bon vivre.
Pourtant, comme de nombreuses grandes métropoles sud américaines, Bucaramanga est un mélange de modernisme et d’archaïsme, de grande richesse et de plus profonde misère.Si le centre de la ville est riche, relativement tranquille et sûr, les quartiers qui l’entourent sont l’image de la désespérance et de l’abandon. On n’y vit pas, on y survit… et l’on y meurt, parfois violemment.
Des milliers de paysans, chassés des campagnes par la violence et la guerrilla, sont venus s’y amonceler. Certains travaillent et peuvent peut-être « en sortir ».Mais souvent, chacun essaie de gagner, « en ville », quelques pesos qu’il ramène, le soir, pour nourrir une famille souvent nombreuse. Malheur aux personnes trop âgées ou malades, qui risquent d’être abandonnées à leur triste sort…
A moins qu’elles ne rencontrent Albeiro Vargas...

... Né d’un père, ouvrier du bâtiment et d’une mère, aide-soignante, Albeiro est le cadet d’une famille de huit enfants. Tout le monde travaille et la maison est modeste, mais digne. Déjà, on voit le petit gamin accompagner sa mère lorsqu’on l’appelle pour un malade ou un accidenté. A quatre, cinq ans, Albeiro se retrouve souvent seul, en compagnie de son grand père. C’est là que naîtra sa vocation. Presque comme par jeu, il va s’en occuper, jouer avec lui, puis l’écouter, le soigner et dormir contre lui, lorsqu’il était malade. La chaleur du cœur…
A la mort du grand-père, Albeiro sentit un vide, et tout naturellement, se dirigea vers "d’autres grand-père", des voisins aussi pauvres que lui. Il leur offrit son amitié, mais on le repoussa, tout d’abord. Mais bien vite, les abuelitos découvrirent les trésors d’amour qui étaient en lui, et très vite, le petit Albeiro s’occupa d’un petit groupe de sept petits vieux à qui il apportait un café, le matin, avant l’école, avant de les rassembler, le soir, pour parler, jouer, chanter… "revivre" ensemble.
Très vite on parla du "niño que regala café", de l’enfant qui apporte du café aux petits vieux. La presse fit le reste.
La légende devint réalité.
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Encore aujourd’hui, Albeiro et les Anges Gardiens
continuent à veiller sur ces petits vieux, et à entretenir le Coin de France.